Le traquenard des architectes conseil ! (DDT de Bourges)

Vendredi 13 février, j’avais rendez-vous avec Madame Lafay qui descend tous les mois de Paris à Bourges pour conseiller certains projets « problématiques ».
Au départ, la DDT des Aix d’Angillon (qui instruit les permis pour notre secteur) m’avait conseillé de la rencontrer pour mon projet atypique de serre d’habitation. En effet, la DDT n’est apparemment compétente que pour vérifier la conformité du projet aux règles d’urbanisme. Et dès qu’on sort du « standard » (merci les constructeurs « parpaing »), elle soumet les permis à ces fameux architectes/conseil.

Entre temps, j’ai hélas abandonné la serre qui était hors budget. Et de toute façon, l’urbanisation devrait reprendre courant mars, au plus tard le 1er avril (dixit le maire que j’ai rencontré après le conseil municipal du 11 février). 2 bonnes raisons d’enlever la serre du projet (même si on adorait l’idée). Mais j’ai maintenu mon rendez-vous, même si la maison est devenue plus passe-partout sans sa serre autour.

Les photos ci-dessous montrent le terrain nu, l’ancien projet « serre » et son évolution en simple longère :

 

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Facades

Arrivé à l’accueil de la DDT de Bourges, je retrouve le responsable de la DDT des Aix d’Angillon (M. Patrick Roland) qui m’informe qu’il a été convoqué à mon rendez-vous aussi. Sympa, j’ai pas été prévenu ! On patiente un bon quart d’heure, j’en profite pour lui exprimer mon ressenti plutôt négatif sur le conseil apporté par le CAUE le 21 janvier.

Enfin, les 2 architectes conseil arrivent (Mme Buffard, paysagiste conseil et Monsieur Lacoudre, architecte conseil DDEA du cher), oui pas 1 mais 2 : nous sommes donc 4 au final, et je me sens un poil pris au piège. (Exit Mme Lafay ?!)

Je commence alors brièvement ma présentation sur la tablette (heureusement que je l’ai emmené, ils ont pas de PC) : la longère est en ossature bois, ancrée sur des pneus remplis de gravier, bardage bois, toiture bac acier (couleur ardoise), dont toutes les ouvertures étaient sur la façade sud, et talus façade nord.

Cet échange reste courtois même si le ton est donné assez vite, c’est eux qui décident : entre monsieur l’architecte qui remet en cause vos compétences (« j’ai 28 ans d’expérience ») et madame qui ne pige pas grand chose et semble un peu à la ramasse, je comprends vite que mon argumentation sur chaque point se heurte à un mur. Et ils veulent modifier mon projet pour qu’il colle à leurs idées…

En vrac, voici les modifs qui m’ont été suggérées / imposées :

  • talus « incompatible » avec le bois (risque de pourriture) sauf à avoir un large débord de toit
  • grosses réserves concernant la « politesse » d’exposer cette même façade (en bardage ou talus) au voisin, sans aucune ouverture (fenêtres)
  • nécessité de masquer les plots de fondation (suggestion des panneaux en fibro/ciment Eternit), pour l’esthétique mais aussi pour les problèmes de rongeur
  • refus du chemin reliant les 2 entrées sur le terrain (« pas de station service »)
  • suggestion à la place d’un seul accès pierré (sur le chemin du vivier) donnant sur l’entrée du garage orientée à l’ouest et non plus au sud (pour des raisons de vue depuis une hypothétique terrasse qui ne fait pas partie du projet)
  • obligation d’intégrer au mieux le compteur EDF
  • suggestion d’un verger séparé (au lieu d’une double haie : haie vive à hauteur d’homme en limite de parcelle + haie fruitière en retrait de 3m)
  • refus en tout état de cause d’une haie de « béton vert » (thuyas)
  • et enfin obligation d’abaisser le seuil des vitrages (1,20m étant jugé trop haut pour un RDC)

A ma surprise, des éléments comme la clôture ou une terrasse ont été abordés dans la réunion, alors qu’on a pas besoin de permis pour çà. Les plots en pneus/graviers, technique reconnue dans AUCUN DTU, ne pose aucun problème, mais on me fait ch…. avec le talus alors que c’est moins risqué. Il a été aussi question de l’entrée sur une route départementale, la réglementation serait différente (sans qu’on m’explique quoi). Qu’est-ce que çà vient faire là-dedans, on est sur une route communale ?!

L’entrevue se termine à la hâte (auraient-ils faim ?), merci et au revoir. Adieu oui, j’espère ne pas les revoir !

Monsieur l’architecte a pris des notes dans son cahier, va-t-il sortir un compte-rendu officiel ? Au sortir de tout çà, certains points semblent négociables, d’autres sujet à véto, mais lesquels au final ? Qui désormais va instruire mon dossier ? Les architectes-conseil seront-ils de nouveau consultés pour ma future demande de PCMI ?

Je suis en train de modifier le projet pour répondre en partie à leurs demandes :

  • disparition du talus de la façade nord
  • un seul chemin
  • intégrer au mieux les compteurs
  • verger séparé éventuellement

Les autres modifs me semblent bien arbitraires et fondées sur des parti pris esthétiques et sans aucun lien avec le RNU. Nous attendons de rencontrer le maire de notre commune, le 24 février, pour en discuter avant de prendre une décision sur la suite.

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